Dans le cadre du cycle : les urbanismes combattants ou Politique/polis.


De la Manifestation considérée comme un des Beaux-Arts.

Ou acte II scène 1, la smala entendue comme une manifestation devenue ville

 

Présentation d'un travail réalisé avec les étudiants grévistes de l'Université Populaire Paloise Autogérée.

 

En 2006, poursuivant un travail d'interrogation de Smala, capitale mobile de l'Algérie précoloniale, sur les pas de son architecte, Abd el Kader, Stany Cambot s'installe à l'université de Pau et des Pays de l'Adour. Il trouve l'université occupée par les étudiants en grève contre le projet de loi CPE. C'est dans l'occupation, avec ses étudiants eux-mêmes qu'il travaillera autour d'un texte de Kateb Yacine à une possible actualité de la Smala soit, la Smala comme une manifestation devenue ville.

De ce travail, 13 cartes, plans de manifestation ou re-présentations possibles de la Smala par les grévistes, des tentatives de dialogue épistolaire avec les Renseignements Généraux pour les faire exister, une bibliothèque numérique, des tracts...

Exposition réalisée par Stany Cambot, Stéphanie Fernandez Recàtalà & Pierre Commenge

Jeudi 22 novembre 2007 à partir de 18 heures,
dans les locaux d'Echelle Inconnue,

18 rue Sainte Croix des Pelletiers,
76000 ROUEN





L'action se déroule dans l’Algérie des années cinquante pendant les manifestations de Sétif


« Fallait pas partir. (...) fallait rester au collège, comme disait le chef de district.
(...)
Mais les Européens s'étaient groupés.
Ils avaient déplacé les lits.
Ils se montraient les armes de leurs papas.
Y avait plus ni principal ni pions.
L'odeur des cuisines n'arrivait plus. Le cuisinier s'était enfui. Ils avaient peur de nous.
Les manifestants s'étaient volatilisés.
Je suis passé à l'étude. J'ai pris des tracts.
J'ai caché la Vie d'Abdelkader.
J'ai ressenti la force des idées.
J'ai trouvé l'Algérie irascible. Sa respiration...
La respiration de l'Algérie suffisait.
Suffisait à chasser les mouches.
Puis l'Algérie elle-même est devenue...
Devenue traîtreusement une mouche.
Mais les fourmis, les fourmis rouges.
Les fourmis rouges venaient à la rescousse.
Je suis parti avec les tracts.
Je les ai enterrés dans la rivière.
J'ai tracé sur le sable un plan...
Un plan de manifestation future.
Qu'on me donne cette rivière, et je me battrai.
Je me battrai avec du sable et de l'eau.
De l'eau fraîche, du sable chaud. Je me battrai.
...

Kateb Yacine