Ou l'autre forme du développement urbain d'Alger

Visite du bidonville d'Aïnadja.

Nous avions déjà croisé des tentes, bâches bleues tendues sur "l'espace public" fils de la colonisation. Nous les avions croisées, encore, squats sur les terrasses de la Casbah dont la valeur patrimoniale méconnue est sans doute l'hospitalité. Nous avions approché de nouveau cette ville qui pousse, poussée par ceux qui manquent de place dans la ville existante, ceux qui dorment à tour de rôle dans des lits. Nous découvrions la ville qui bouge, la ville en mouvement. c'est la ville marginale, traitée avec guère plus de précaution que le militaire français du XIXe siècle traitait la périphérie de la Smala : "quelques arabes attirés par les opportunités".
Ici aussi, aujourd'hui, dans la capitale actuelle, on identifie souvent les habitants de ses toits de bâches ou de tôles comme des opportunistes, venus de "l'intérieur". A visiter ces lieux, rencontrer leurs habitants, une tout autre image pourtant, auto-organisation, débrouille et... des gens d'Alger pour la plupart fuyant la pénurie de logement des quartiers comme Bab El Oued ou la Casbah.

"Anomalie" répond l'autorité. La ville, pour beaucoup, nécessaire.

"Nous aussi on a le droit à ALger!" répond à son tour notre guide...






Ici, pourtant, se reconstruit une urbanité aux racines pré-coloniales