Pau - Bordeaux - Lyon - Marseille - Toulon - La Seyne sur Mer - Amboise - Paris - Londres - Algérie

smala

De la Smala, il ne reste rien ou presque, quelques documents comme autant de possibilités de cette ville nomade conçue pour et dans la guerre contre la colonisation française de l'Algérie au XIXe siècle. Ce sont ces différentes possibilités que nous venons interroger dans chacune des villes où son « architecte » Abd el Kader fut emprisonné.




♦ le ranch

Nous les avions entrevus depuis le cimetière, de l'autre côté des hautes grilles, juste sous le téléphérique. Notre Stalker, qui tente la conjugaison de la croix du sud et de l'anarchie, nous avait dit connaître quelqu'un qui habitait là bas. - comme partout, il faut connaître quelqu'un pour pénétrer un territoire, la « hôuma ». C'est un rappeur de Saint Eugène qui nous attend à ses côtés dans la ruelle qui longe le cimetière. Des types apostrophent, voient que nous connaissons du monde, rebroussent chemin.

Quel chemin ? Le clandestin par dessus le mur ? Ou les marches ? On opte pour les marches, les transversales nécessaires au piéton d'Alger pour ne pas perdre des kilomètres en serpentant, à l'instar des voitures sur la pente moyenne, en interminables lacets. À mesure de l'ascension, des sacs empilés apparaissent aux yeux essoufflés. Les maisons perdent quelques étages, leur blancheur et une part d'achèvement. Tout ici a poussé ces vingts ou trente dernières années sur le terrain de ce que l'on appelait le Ranch, une ferme.

La végétation comme le reste, pousse ici sans rien demander à personne. L'escalier semble la fendre, en haut il fait place au début d'un chemin de terre surmonté, en vigie d'un nid de branches, de plastiques et de carcasses d'appareils ménagers. Nous l'empruntons et faisons pause sur une corniche, le temps que notre stalker-rappeur fasse un tour en éclaireur. Il revient, nous le suivons. À droite, un mur en pierre sèche soutient la pente. Un peu plus loin sur la gauche un mur auquel on s'accoude, en dessous, c'est sa maison. Il parle peu cependant : « mon grand père s'est installé là en 59, c'est notre terrain, 350 m². Il y a quatre familles ici. On va bientôt déménager dans une cité à 15 kilomètres d'Alger... la location vente ». Et ici, que va-t-il se passer ? « On va détruire notre partie pour reconstruire. La notre, c'est celle là, qui fait l'angle. Chacun se débrouille avec sa partie. Certains vont rester pendant les travaux, les nôtres, les leurs » Il montre les sacs entassés à ses pieds et que nous avions pris, comme ceux que nous avions croisé précédemment, pour des gravats. « Tu vois, là, du sable, des graviers ». On repense à notre essoufflement à gravir les escaliers et à cette partie inaccessible par véhicule. « A dos d'homme, c'est ça ? Oui, c'est ça » Est-il content de déménager ? De quitter le quartier ? Il hausse les épaules, ne sais pas vraiment « c'est l'argent qui commande tu sais ». « Ici, c'est calme, on connaît tout le monde, les flics n'entrent pas »

Nous ne rentrerons pas, ces parents ne sont pas là.

Nous poursuivons. Le chemin, symboliquement se privatise : une porte grillagée ouverte, encadrée de feuilles de palme. Dans l'alignement à flanc de pente, au bout, une cabane de tôle. « Eux, c'est une famille qui aimerait bien être relogée. Ils sont nombreux, n'ont pas d'argent... »

Nous poursuivons, sortons par ce qui fait de nouveau signe de porte et longeons les grilles du cimetière sur lesquelles nous avions buté la dernière fois en montant. À travers, la baie d'Alger. Un peu plus loin sur la droite, surplombant le chemin, une terrasse a été aménagée, protégée du soleil du sud par un auvent, entrelacs de branches, en dessous, les, maintenant habituels, bancs ou tabourets de pierres ou parpaings empilés mais surtout, au centre, un fauteuil de sky. Point de vue sur la baie sautant la grille et ses herses, sorte d'équipement public ou du moins semi-public, destiné à la hôuma. Nouvel espace du khelwi ou du khalwa profane à notre inventaire.

♦ Le ranch. par Nouha.

Nous longeons les hautes grilles du cimetière, côté cathédrale. Un peu plus loin, une maison, fraichement construire, puis une autre, et encore une autre. Sur le toit, deux hommes. Le propriétaire et un ami.

Lire la suite

♦ Boumerdes !

Deux étudiants nous emmènent sur les hauteurs de Boumerdes. Juste au dessus des chalets, algécos, ou logements précaires pour les sinistrés du tremblement de terre. Juste au dessus, un bidonville. Ni l'un, ni l'autre n'y sont allés auparavant. Nous garons la voiture. De curieux en curieux, nous sommes guidés à l'intérieur. Monsieur Kanoun nous trouve là, sur le chemin, conversant avec Ali, l'ami du premier monsieur rencontré. Il parle français, et nous invite à le suivre. Nous traversons le petit oued et grimpons vers sa maison.

Lire la suite

♦ La piscine de la Smala

EPAU 10h, dernière cigarette à la porte de la salle de conférence où nous allons présenter du travail réalisé en France autour de Smala. Nous venons expliquer la raison de notre venue, l'étrange jeu de pelote basque qui nous amène ici écouter si Smala rebondit.

Un prof traverse la pelouse et nous aborde : « ah ! C'est vous Smala ? C'est dingue, j'ai bossé dessus en 75 ! c'était avec une équipe pluridisciplinaire italienne financée par une entreprise pétrolière. Il y avait des photographes, des archis... on y a passé 15 jours à faire des relevés.

Les deux méninges d'Echelle Inconnue à part mais à l'unisson : « dingue ! Il reste des vestiges de la ville de tente ?! »

« et puis je les ai laissés, j'avais d'autres choses à faire. Je ne sais pas à quoi le projet a aboutit. C'était novateur, une équipe pluridisciplinaire et l'idée de réhabiliter et équiper (déjà à l'époque!) l'ensemble en énergie solaire !

Echelle inconnue en monologue intérieur fois deux et toujours à l'unisson : « incroyable ! La smala existe toujours et a été réhabilitée ! »

Le prof : « et d'ailleurs, vous savez peut-être, vous, il y a toujours une piscine à la Smala ? »

Deux cerveaux d'Echelle Inconnue se bloquent et déroulent à rebours : « Une ville de tente, entièrement restaurée, alimentée par des panneaux solaires (les images de tentes autonomes en énergie de l'armée américaine se superposent) avec au milieu une piscine, immense, mobile aussi, gonflable sans doute... » Soudain dans les cerveaux la piscine crève, l'eau se répand et emporte tout, tentes, panneaux solaires dégageant le terrain où se reconstruisent des murs.

La Smala de l'émir Abd el Kader est un village !

Il confirme : « au bout d'une impasse, un village qui tire sans doute son nom d'une station de la capitale mobile.

Nous irons ensemble.

♦ Le bidonville, la correspondance, l'armée, le père.

… je répète : « la smala est un jeu de pelote basque »

et parfois le rebond se fait plus retentissant. C'est le cas quand nous rencontrons Boualem le programmateur de l'espace Tisot dans le quartier Berthe.

Boualem aime l'histoire, disons, marginale. Il la lit, la collectionne. Revisite et habite la sienne, la porte et l'inscrit dans des lieux. Il la partage aussi et la lance à qui veut/peut l'attraper.

Nous sommes devant les murs de notre jai alai (stade de pelote basque) tapissés des 61 lettres du fort Lamalgue. Lanceur, Boualem. Sa pelote part et frappe : lettre 318 !

l'écho monte et trace la verticale historique, sur laquelle il se tient : " les soldats indigènes " pour commencer.



Lire la suite

♦ Planter la tente en calendrier révolutionnaire

Il est 13 h, nous assemblons et montons la tente.

Une grande pelouse et quelques arbres enchassés entre 4 immeubles de l'ensemble Messidor. C'est ici que se tient chaque année la fête du quartier Berthe. Quartier dont chaque partie a hérité d'un nom tiré du calendrier révolutionnaire : messidor, floréal, vendémiaire, germinal, prairial, fructidor. On pourrait toujours y chercher l'immeuble Babeuf, sans succès, la nomenclature des immeubles, moins inspirée, se limite à une géographie de bataille navale.

On habite ici au Messidor A4 ou au Fructidor G3.



Lire la suite

♦ foyer API

La date est fixée depuis un moment, nous venons rencontrer les résidents du foyer API. Un foyer accueillant pour l'essentiel de vieux migrants. Correspondances entre Abd el Kader, sa suite, l'armée, le roi et la république Correspondances entre Abd el Kader, sa suite, l'armée, le roi et la répulique.

Ces personnes sont, pour une part du moins, originaire d'Afrique du nord. Après avoir passé une vie ou presque à travailler ici, ils y sont restés. Ce sont les Chibanis. Lors des premières visites on nous a parlé de l'importance du courrier, le lien avec la famille, le pays, l'administration. « Ceux qui ne savaient pas lire recevaient des cassettes. » Ces Chibanis, sont ici, "coincés" entre deux pays ou deux vies.

Lire la suite

♦ présentation d'étape

Le 19 avril, à la gare franche, une présentation d'étape du travail en train de se faire au plan d'Aou. Ces affiches ont été réalisées à partir des entretiens et ateliers menés avec les habitants du plan d'Aou.

Lire la suite

♦ La smala comme schéma exotérique : Monsieur Djebli

Il est dans le jardin de la gare franche, attend que la porte lui donnant accès à sa parcelle s'ouvre.



« Moi, je crois que l'important dans la smala c'est le cercle. Le recommencement de tout. Comme le cycle de la résurrection.
On tourne.
On tourne autour de la Kaaba à la mecque. Au ciel c'est pareil, je ne sais plus si c'est au septième, il y a une autre Mecque autour de laquelle les anges tournent ou qu’ils traversent. Je ne sais plus. »

« le cycle, le cercle de l'univers, les ciels qu'on découvre aujourd'hui avec le satellite Hubble par exemple. »

« Cette histoire de soufisme aussi, ça m'intéresse.
Des confréries ?
Non, ce n'est pas utile. On peut le faire chez soi. On s'assoit. On médite. Vous savez comme en inde, les fakirs. »

♦ Marseille, présentation du projet Smala

projet Smala à Marseille, sur les traces d'Abd el Kader

11 janvier 2010 : premier jour de résidence d'Echelle Inconnue à la Gare Franche, premier jour des ateliers à Marseille.
11 janvier 2010, 18h : Rencontre à « la Compagnie » pour une présentation du projet Smala, sur les traces d'Abd El Kader en France dans les villes de son incarcération.

Lire la suite

♦ Exposition rencontre à Pau

Du 4 au 20 mai, à la MJC Berlioz (84 avenue de Buros, Pau), exposition rencontre «Smala» :
Les premières étapes du projet : travail avec les étudiants de l'UPPA sur le texte de Kateb Yacine, avec les étudiants de l'ESAC, bibliothèque de la Smala, travail avec les algériens de France, Abd El Kader par Abd El Kader.

Et les questions posées aujourd'hui par ce travail :

- être Algérien aujourd'hui à Pau, ça veut dire quoi ?
- quelle est la forme urbaine de l'exode ?

Berlioz

Berlioz

Berlioz

Berlioz

Berlioz

Berlioz

♦ Installation à Berlioz

Mise en place de l'exposition-rencontre à la MJC Berlioz.

Berlioz, installation

Berlioz, installation

Berlioz, installation

Smala / cycle urbanismes combattants
atelier cartographique de campagne


stany cambot / échelle inconnue
www.echelleinconnue.net mel@echelleinconnue.net


propulsé par DotClear